Extrait roman 2

Mon cher Caryl,

 

Tu vas certainement trouver pathétique le fait que je t’écrire par e-mail alors que l’on vit à 35 minutes de métro l’un de l’autre, et tu auras raison.

 

Je sais, tu aurais bien effacé ce mail sans le lire, rien qu’en voyant mon nom, mais je sais aussi que je peux compter sur ta curiosité pour ne pas le faire.

 

Au bout de mes lignes, je me rends compte que dans mes rêves j’aurais aimé être capable d’oublier ton nom, ton after-shave, ton pullover bleu, ta rue et notre restaurant préféré.

J’aurais aimé ça, en être capable. Mais ma faiblesse, c’est toi. Et si tu avais porté un prénom plus courant, genre « Kevin » ou « Michel » ça aurait été plus pratique à oublier.

 

Oui oui, je sais, c’est pas du tout ce que tu aurais aimé lire de ma part, qu’importe, je ne changerai pas juste pour t’arranger. Il y a quelques années, je l’aurais fait. ça ne va pas te plaire mais mon évolution ne s’éloigne pas de toi, bien au contraire.

 

Fais comme tu veux, avances, recule, stagne… J’avance.

 

Encore un mail qui ne sert à rien. ça défoule.

 

Je n’attends pas de réponse de ta part, encore heureux puisque de toutes façons tu ne prendrais pas la peine de répondre quoi que j’écrive.

Je parie que tu viens de te vexer en lisant ça, mais que tu ne vas pas répondre quand même. Allez le premier à répondre gagne un café. Bon, je gagne chaque fois donc café pour moi.

 

À bientôt, ou pas.

Anne