Impact

Dans sa chute, notre petite fée ne vit pas sa vie défiler comme beaucoup le font quand ils approchent d’une éventuelle fin. Elle, au contraire, vit toutes les possibilités de son futur se dessiner. Celles qu’elle rêvait, celles qu’elle craignait, celles qu’elle n’osait même pas envisager et celles qui étaient  à oublier avant même de les formuler.

Pendant ces longues secondes, elle eut l’impression que chaque morsure du loup se réveillait. Que chaque cicatrice qu’il avait laissé, superficielle ou profonde, se rappelait à elle, la brûlait. Si la vitesse lui avait autorisé à le faire, elle se serait examinée et les aurait comptées. Elles étaient nombreuses, tout comme les moments qu’ils avaient vécu. De petites cicatrices de bonheur car chaque marque lui rappelait qu’ils avaient en effet vécu. Même des fois douloureusement.

Elle se rendit compte qu’elle n’avait pas envie de parler de ces épisodes au passé, qu’elle voulait encore en bâtir de nouveaux et ne pas penser à lui comme un élément antérieur au bonheur mais faisant partie intégrante de ce à quoi qu’elle aspirait comme joie de vivre. Des fois une partie un peu en annexe, des fois présente, mais en aucun cas brillant par son absence. Après tout, il portait l’éclat de son bleu au coeur.

Elle avait envie de lui parler, de lui dire encore des centaines de choses. De lui montrer le monde, son monde, de lui faire croire en la vie… lui qui aimait tant le noir… elle avait envie, et sans doute aussi besoin, de comprendre pourquoi il aimait le noir, d’entendre ce qu’elle n’avait jamais osé demander. De le connaitre aussi bien qu’il ne la connaissait. Peut-être se risquerait-elle à le lui demander ?

Le sol approchait. Elle n’avait que son nom et son regard dans la tête. Elle ne pensait à rien d’autre, n’était en état de rien et subissait la paralysie d’un état de choc donc ne pouvait pas penser à faire fonctionner ses ailes…

10… 9… 8… 7… 6… 5… 4… 3… 2… 1….. IMPACT.

Elle sentit l’odeur de la terre humide, les feuilles au sol, la force des racines se rapprocher…

…et se retrouva d’un seul coup à son point de départ. Sur cette branche si haute… le coeur battant, se tenant fort à ses rêves.

Elle ne les lâcherait plus.

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