Saut de l’ange…

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…ce soir, un peu endeuillée et déprimée, la petite fée se demandait comment rebondir, à part sur le sol. C’est vrai, elle était utopiste pour deux, elle y croyait pour deux, elle était prête à se battre pour deux…

C’est vrai aussi, elle était parfois perdue dans son monde mais plus par protection que par illusion.

Ce soir, ses yeux ne se calmaient pas. Ses battements de coeur se faisaient rares et irréguliers. Elle se demandait comment retrouver sa féérie, cachée dans ce monde de fous. Elle avait envie de continuer… elle voulait croire en la vie, en l’attachement envers et contre tout, en la capacité de se renouveler, de se retrouver, de rallumer ce qui les avait réunis. Elle voulait croire qu’il se réveillerait mais elle ne croyait pas une seconde en un changement de loup à illuminé chimérique.

Ce soir, elle voulait parier sur un avenir dont elle ignorait encore l’existence. Elle voulait continuer à donner une chance à ce qui n’existe que dans les livres. Croire que si on s’en donne les moyens, on n’a pas besoin d’être allergique au bonheur et que ce bonheur peut ne pas bouffer toute notre énergie ni notre individualité. Elle croyait fermement que si on se donne la peine d’avancer tout en se préservant et en vivant notre petit chemin également sans l’autre, on se retrouverait avec plaisir et légèreté. Elle ne le dirait pas au loup car de toutes façons elle n’avait pas le moindre espoir de le faire changer d’avis… mais qu’elle espérait lui prouver qu’elle avait raison. Cela demandait juste du temps et elle ignorait encore s’il lui en donnerait.

Prierait-elle ? Non. Il l’avait mordue… il le faisait souvent mais là, il n’avait pas retenu ses dents. Il l’avait blessée. Elle se relèverait, elle se relève toujours. Elle reviendrait au loup, comme toujours aussi. Mais chaque petit bout d’innocence qu’elle laissait avec les morsures et blessures  ne feraient que lui rappeler à quel point elle est proche de ses canines. Elle y reviendrait quand même, au nom de la foi qu’elle avait en ce lien incroyable et si atypique, qu’ils avaient construit entre douleur et douceur.

De la plus haute branche du chêne millénaire, elle se vêtit de noir, un peu comme ceux qui savent que la vie ne peut continuer que s’ils changent de vision mais n’en ont pas envie pour autant.

Elle croisa les doigts, toucha le bois de l’arbre, regarda au ciel et sauta. Sans penser à ses ailes.

Le saut de l’ange.

Dans le vide, le noir… mais avec la foi.

Elle vérifierait à l’atterrissage si elle avait raison.

 

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