La brûlure de la fée

ImageElle se réveilla avant lui, pour une fois. Il faisait bien jour. Le soleil était levé depuis belle lurette et le paysage était toujours aussi magique. Aussi magique que leur association si improbable. Improbable mais à la saveur d’une de ces alchimies démentielles que rien ni personne ne pourrait expliquer en tentant de rester rationnel.

Son petit baluchon portait toujours quelques morceaux d’ailes qui ne voulaient pas se recoller.

Elle fit alors quelque chose qu’elle même ne concevait pas. Elle prit un morceau d’aile brisée, retourna contre lui et là, en caressant doucement la fourrure de son poitrail, elle appliqua doucement ce petit reliquat d’elle-même sur son coeur.

Il se réveilla d’un coup. Sortit les crocs et faillit l’envoyer valser d’un coup de patte, par réflexe.

ça brûlait. ça brûlait tellement…

Il regarda l’emplacement et vit un reflet bleuté… bleu royal… qui émergeait de sa toison. Comme si la lumière filtrée d’une nuit de pleine lune avait atteint sa chair tout en s’incrustant jusqu’à faire partie de lui.

Il craignait que cet éclat ait pris une forme kitsch et risible comme un petit coeur ou pire encore. Il regarda de plus près… avec un peu d’imagination, on pouvait y voir une forme d’oiseau. Mais il fallait vraiment imaginer loin. Rassuré… il regarda la petite fée et lui demanda pourquoi elle avait fait ça et si elle savait que ce morceau allait se greffer aussi fort en lui…

– Non, je ne le savais pas. Ne me demande pas de tout expliquer, des fois il y a des choses que mon instinct me fait accomplir et que mon esprit ignore pourquoi il s’exécute. Des fois, mon coeur me dicte des actes que mon instinct réprouve. Ce bout d’aile est juste à sa place. Tout contre ton coeur. Comme une part de ton coeur. ça brûle… je l’ai vu… mais tant que cet éclat brillera autant qu’il brûlera, je pense que notre association étrange tiendra le coup. Tu dis vouloir prendre soin de moi et me protéger… et si me protéger passait aussi par là ? Je ne sais pas. Mes ailes et ton coeur sont autant liés que ta morsure et mon optimisme.

– Laisse-moi dormir… s’il-te-plait. Même s’il fait jour.

Et là, enfin une petite inversion des rôles, elle le laissa se blottir tout contre elle. Enfin si on pouvait dire ça tant il était plus grand qu’elle, il l’agrippa jusqu’à l’étouffer, lui laissa à peine de quoi respirer et s’endormit. Paisiblement. Ému mais paisible.

Elle passa la main sur sa tête… laissa glisser les doigts en le regardant dormir et respirer.

– Un jour, méchant loup, tu comprendras pourquoi cet éclat te revenait de droit.

« L’expérience est une lanterne attachée dans notre dos, qui n’éclaire que le chemin parcouru » Confucius  (merci Marie-H…)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s