Perception…

– Qu’ai-je fait pour que tu aies cette perception de moi ?

Jolie réflexion que voilà, que l’on m’a posée un soir de Noël ou presque.

Est-ce que l’on doit obligatoirement voir les gens tels qu’ils s’imaginent être ? Je crois que non. Je crois que l’on a le droit, tout un chacun, d’avoir une image différente de la leur. Pourquoi devrait-on trouver minables les gens qui croient l’être ? Pourquoi devrait-on poser un regard compatissant sur quelqu’un qui croit n’attirer que de la pitié ? Pourquoi devrait-on trouver médiocre quelqu’un qui croit que son apparence n’est que moyenne ? Pourquoi devrait-on devenir aussi réalistes que les plus cartésiens de nos contacts ? Pourquoi devrait-on trouver normal quelqu’un qui s’estime dans la norme la plus banale de ce monde ?

Je crois fermement que l’on peut avoir une jolie image  de quelqu’un, sans être aveuglé, sans se monter de films sur la dite personne et sans manquer de perception sur sa réalité. Je crois sincèrement que l’on peut trouver quelqu’un beau même si ce n’est pas l’avis des autres dans la rue. Je ne suis pas les autres. Je pense que le coeur peut voir la beauté quand où on l’ouvre assez grand. Je crois que l’on peut trouver quelqu’un résolument chiant et bourré de défauts par moments… et juste après, se rappeler tous ses bons côtés qui font que la balance penche vers le positif et modère ces dits défauts. Je crois que l’on peut garder un regard d’enfant sur l’autre, quel qu’il soit. On peut penser pareil des amis, des contacts simples, de la famille… de nos proches et très proches. L’Autre, c’est vous, c’est moi, c’est eux.  On peut le trouver beau, touchant, amusant, déséquilibrant par moments… on peut penser de l’autre qu’il est vraiment casse-pied, insupportable par son mutisme passager, douloureux par ses crises et blocages. On peut penser du même autre que décidément ces côtés ne terniront pas ses qualités innombrables. On peut penser que l’autre, les gens, les amis, sont tout sauf faciles à vivre mais que la vie, ça se vit et ça se prend dans la gueule bien souvent, que ce soit en gifle ou en doux baiser.

Vous savez, je suis bien trop perméable aux émotions, depuis quelques années. Je ne peux plus lire de livre vraiment dramatique ou trop réaliste par sa douleur. Je ne peux plus supporter d’images noires, de tragédies, de récits suffoquant de réalité. Je ne peux plus avoir la peur au ventre en regardant un film ou en tournant une page. J’ai vu un film, il y a peu de temps… et une scène de ce film était PILE une retranscription d’un drame que j’ai vécu. Détail par détail. J’en ai tremblé comme une feuille pas assez morte pour tomber, eu la larme à l’oeil et même plusieurs, j’en ai crispé les muscles et j’ai du détourner le regard en accrochant mon accoudoir comme si c’était le dernier rempart entre la scène et mes souvenirs… Bien sûr, je ne pouvais pas savoir ce que comportait ce film et ça ne m’empêchera pas d’aller au cinéma car c’est la première fois que ça arrive aussi précisément en passé quinze ans. Ces choses là font que je deviens bien trop terre à terre et que je perds cette lueur qui me permet de survoler ma vie avec une étincelle de féérie quoi qu’il se passe et me relever de bien des drames personnels. Ces choses là me rendent trop touchée pour écrire de belles histoires… et effacent la joie et les rires que je souhaite inclure dans mes textes et les émotions que j’aimerais y faire passer. Alors, très vite, je retourne dans ma bulle et je m’enferme pour respirer la féérie et le rêve de ces mots qui dansent dans ma tête.

Bien sûr, je me tiens au courant de l’actualité. Mais… depuis quelques années, je fuis les images, le battage médiatique, les télévisions qui tournent en boucle, les infos percutantes aux images choc, les manipulations médiatiques, les bombes sur l’innocence et ce qui pourrait faire grandir mes enfants trop vite.

Alors, je pense avoir le droit de la perception imagée sur les gens, sur mes amis, sur l’autre. Je pense avoir le droit de les percevoir avec toute la tendresse de mon univers, sans pour autant effacer leurs côtés sombres. Je pense pouvoir garder un sourire en coin en repensant à certains moments, même idiots. J’aimerais garder le regard qui brille grâce à certains souvenirs. J’aimerais qu’on continue à me dire souvent que j’ai un regard d’enfant, par moment. J’aimerais encore et encore avancer avec le pas léger, même si mon histoire se fait lourde. J’aimerais avoir le droit de ne pas aimer Noël mais en savourer quelques minutes l’essence. J’aimerais encore attacher cette petite flamme à mon âme. Celle qui fait de moi ce petit auteur de province, caché entre une table de salle à manger et une cheminée, qui vous prépare des lignes le coeur battant, avec la peur au ventre en imaginant qu’elles ne vous plaisent pas… mais qui continue car écrire, c’est son souffle.

Je n’ai pas d’oeillères. Je ne modifie pas ma vision des gens que j’aime. J’aime juste garder d’eux ce qu’ils ont de meilleur pour que ça contrebalance le reste et qu’ils en soient  passionnants à vivre. À découvrir.

Ce n’est pas pour rien que la petite fée et le méchant loup m’accompagnent. Ils me font sentir tout le contraste du monde, entre optimisme démesuré et réalisme exacerbé. C’est pour ça que je les aime.

Ils sont l’équilibre. Mon équilibre.

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