Noël de la petite fée

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– Dis, petite fée, tu comptes rester longtemps comme ça à ne rien faire sur cette montagne ?

– Non.

– Et tu comptes faire quoi ?

– Faire bouger la montagne jusqu’à ce que je sois à ses pieds.

– Euh. Petite fée… même les fées ne devraient pas croire que les montagnes bougent.

– Bien sûr que si, elles bougent. Et même qu’on peut les faire bouger par nos actions et nos pensées.

– Permets-moi de rester loup et de douter de ce genre de sornettes.

– Doute seulement. Pendant ce temps, j’avancerai.

– Je te l’ai dit, je prends soin de toi. Donc tu m’auras sur le dos, enfin tu seras sur mon dos, le temps qu’il faudra.

– Tu sais, méchant loup, je n’ai demandé qu’une seule chose pour Noël. Une seule, qui me permettra d’affronter le monde un peu comme toi, sans me faire poignarder par les émotions à chaque coin de rue.

– Un bouclier ? Grandir de 180 centimètres ?

– Arrête de te moquer, méchant !

– Je ne me moque pas… tu as ton regard de petite fille qui croit en tout

– J’ai demandé une seule chose…

– Tu vas parler oui ?

– Apprendre à mordre.

– Apprendre à mordre ?! C’est un cadeau de Noël, ça ?

– OUI ! Bien sûr que oui ! Tu ne comprends donc pas ? Je n’aurais pas besoin de ta protection, je serais libre, forte, indépendante… je pourrais me défendre, je pourrais me battre, je pourrais ne pas me faire manger faute de moyen de protection.

– Je refuse.

– Tu n’as pas ton mot à dire.

– Si. Je refuse. Tu dois rester fée. Je resterai méchant loup. À quoi ça sert d’être deux si l’on veut piquer le rôle de l’autre ?

– Je dois rester faible ?

– Tu n’es pas faible. Tu es merveilleusement faible.

– Et si je veux mordre quand même ?

– ça ne fera pas de toi un loup. Oublie.

– Tu es sûr ? je dois renoncer à en faire le voeu ?

– Oui. Chacun sa vie, petite fée. L’avantage c’est que les nôtres sont à présent liées. Et sans morsure. Sans coup de baguette magique, juste quelques morceaux d’ailes à réparer et un peu de réflexes mordants à modérer.

– Chacun sa vie. Chacun son rôle, c’est ça ? Tu dis que toi tu mords et moi j’adoucis ?

– C’est ça.

– Je peux me reposer encore un peu, méchant loup ?

– Dors, petite fée. Dors. Je veillerai sur toi, je prendrai soin de toi. Comme promis. Et à ton réveil, tu me montreras comment tu fais bouger les montagnes… Joyeux Noël, petite fée. Joyeux Noël. Tu n’as besoin comme seul cadeau que de rester celle que tu es.

Elle se blottit encore une fois dans un coin de fourrure et toute apaisée, sombra à nouveau. Elle avait tant de sommeil en retard… Le méchant loup la regarda dormir tout en contemplant le lever de soleil…

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