Renaissance…

Ce soir, je vais vous parler un peu (bon ok, très) intime. C’est vrai, c’est un blog public mais je m’en fous, il y a tellement de gens au courant d’une partie de ma vie que je ne vois pas pourquoi vous en cacher les morceaux qui m’ont touchée. Surtout que ma vie, mes choix, je les assume maintenant, même s’ils n’ont pas toujours été les bons.

Dans l’idéal, j’aurais du vous écrire ce mot vendredi 26 décembre. Le truc c’est que je serai au fin fond du Jura Suisse, sans réseau ni wi-fi. Peu pratique pour bloguer. Et je n’ai pas envie de me faire ch*** à programmer une publication que j’écris à 1h15 du matin donc vous l’aurez en avance. Relisez-là le 26, si vous voulez.

Ma petite vie d’adolescente insouciante a basculé dans le monde des adultes, bien trop tôt, à mes 15 ans un 26 décembre 1992 par une agression profondément violente dont personne ne pourrait sortir indemne mentalement parlant. Je ne dois les détails à personne. Certains d’entre vous ont des éléments pour savoir. Ce ne sont jamais les mêmes ou presque. Il faudrait faire un puzzle avec vos éléments pour tout comprendre. Et je n’ai donné à personne encore l’image pour reconstituer tout ce puzzle. Un jour, peut-être, je donnerai la clé de ces souvenirs à quelqu’un.

20 ans. Vingt ans de cauchemars. Et pas seulement à cette date anniversaire-de-merde mais toute l’année à intervalles réguliers. Vingt ans à effrayer mes compagnons au fil des ans, me réveillant en sueur, hurlant, tremblant… Vingt ans à ne pas pouvoir faire certains gestes.

L’an dernier… cette date anniversaire devait passer 20 ans, justement. J’en étais malade. Le temps était venu de tourner la page, avancer. Je me disais qu’il fallait absolument que ce soit le dernier 26 décembre à être terrorisée par ma propre mémoire. Dès septembre l’an dernier, la pression est montée presque chaque jour. Je vous passe l’état de mes nerfs. Toute personne me connaissant sait que je ne suis pas particulièrement facile en temps normal, alors imaginez en état de peur quelconque.

Ce soir là, sortie de mon domicile pour ne rentrer que le lendemain et affronter ça à ma manière… j’ai ressenti la légèreté de cette petite fée qui se cache dans ma poche. Ce soir là, j’ai pu sentir la force du loup qui l’accompagne et la protège du monde. Ces deux personnages, qui se sont faits miens depuis ce soir là, ne m’ont pas quittée.

Et pour la première fois depuis le 26 décembre 1992, un 26 décembre… j’ai… DORMI.

Depuis là, c’est une vraie renaissance. Plus un seul cauchemar à ce sujet. Plus un seul, moi qui en ai fait parfois jusqu’à 8 par semaine… Je fais parfois des mauvais rêves mais plus sur ce sujet. Et le mieux c’est que pour la première fois depuis mes 15 ans, je n’ai pas peur d’être en décembre et que cette date approche. Ce n’est plus une date d’agression. C’est la date de ma renaissance. L’envol de la colombe. L’enterrement des rapaces qui tournaient autour et dans mes pensées depuis si longtemps. Merci petite fée, Merci méchant loup… merci colombe. Juste… merci.

Je n’y croyais plus, à m’endormir un 26 décembre. Je n’y croyais plus non plus, de pouvoir vivre sans ces toxiques réguliers dans mes rêves. Des fois, il faut que ce à quoi on ne croit pas, arrive, pour qu’on retrouve la vie.

Depuis ce jour, j’écris souvent sur ces deux petits personnages qui m’ont accompagnée et je sais qu’ils vous touchent autant que moi. Je vais les extraire de mon blog pour en faire un livre à part, un de ces jours.

Vous allez vous demander pourquoi je vous ai écrit cela ici. C’est simple: vous faites partie de ma vie, de ceux qui inspirent mes lignes. Cette histoire est vraie, contrairement à mes écrits. Mais… elle est aussi triste que magique. C’est la partie magique que je tenais à partager avec vous.

 

« Ce que la chenille appelle la mort, le papillon l’appelle renaissance » V. Lebon

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2 commentaires sur « Renaissance… »

  1. Oh… On voudrait tellement pouvoir effacer certaines expériences de notre vie. Tu démontres un courage que plusieurs n’ont pas. Félicitations pour la renaissance! La phase cocon de la chenille aura duré longtemps, mais le papillon est maintenant là et il peut déployer ses grandes ailes et s’envoler. Bisous xxxx

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