2014, nous voilà !

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Ah non hein. Ne comptez pas sur moi pour faire le bilan de la dernière année, avec force et détails, regrets et félicitations personnelles d’usage.

2013 a été chaotique. Si si. Une vraie horreur. Comme chaque année. Toutes les années, on peut faire un bilan et déduire que c’était une pure année de merde. Oh ça va, je dis des gros mots si je veux, sur mon blog. Sérieusement, chaque année on peut se dire en pensant au passé, qu’il y a eu mieux. On peut aussi épiloguer des heures et avoir peur de la prochaine.

J’ai vécu 2013 au milieu des peut-être. Peut-être que je ferai un deuxième livre. Peut-être que je guérirai mes genoux. Peut-être que je recommencerai à dessiner. Peut-être que je reprendrai la randonnée. Peut-être que mes ventes auront du succès. Peut-être que mes amis seront fiers de moi. Peut-être qu’ils continueront à me soutenir. Peut-être que mes lecteurs me suivront. Peut-être seront-ils curieux de continuer à me lire. Peut-être encore, j’arrêterai mes soucis de santé. Peut-être, toujours, reprendrai-je le vélo.

Et il faut bien le dire… ces peut-être se sont tous réalisés. Bon, la santé, ce n’est pas toujours au top et mes genoux viennent de me lâcher à nouveau. Mais le reste s’est réalisé.

Pourquoi, à ce moment là, commencer 2014 dans les doutes ? Vogue la confiance !

Ce ne sera pas un peut-être. ça sera un « Mais pourquoi pas moi ! »

Un pas en avant, chacun à son rythme, et mon chemin se pavera presque tout seul. L’an prochain, qui arrive dans quelques heures… j’aurai envie de finir un 2ème roman, un premier livre jeunesse, de discuter avec un grand éditeur de mes projets jeunesse, de rencontrer des créatrices surdouées, de continuer à lier des amitiés profondes et sincères, d’exacerber chaque facette artistique de moi comme je laisse faire depuis deux ans, de sortir des chemins balisés pour mieux me retrouver. J’aurai envie d’écrire, enfin finir le Quatuor d’Alexandrie (sérieusement c’est la honte, je l’ai reçu en septembre 2012 et toujours pas le temps de le finir alors que je le trouve passionnant), de dessiner, peindre, marcher, refaire de la zumba, mes abdos, du vélo, du chant, du piano… c’est beaucoup. Et alors ?

…pourquoi pas moi ?

Je vous souhaite une année passionnante de rebondissements, des rendez-vous curieux et cultivés, des regards enjoués, des petites fées dans vos poches, la protection de votre grand méchant loup personnel, des étoiles à contempler dans les yeux de vos proches, des petits bouts de bonheurs semés partout entre vous et vos buts… La vie n’attend pas, ne passez pas à côté de la vôtre en vous disant que le temps n’est pas encore venu.

Je vous laisse avec une jolie citation de René Char:  » Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n’est pas le silence« 

BONNE ANNEE !

La brûlure de la fée

ImageElle se réveilla avant lui, pour une fois. Il faisait bien jour. Le soleil était levé depuis belle lurette et le paysage était toujours aussi magique. Aussi magique que leur association si improbable. Improbable mais à la saveur d’une de ces alchimies démentielles que rien ni personne ne pourrait expliquer en tentant de rester rationnel.

Son petit baluchon portait toujours quelques morceaux d’ailes qui ne voulaient pas se recoller.

Elle fit alors quelque chose qu’elle même ne concevait pas. Elle prit un morceau d’aile brisée, retourna contre lui et là, en caressant doucement la fourrure de son poitrail, elle appliqua doucement ce petit reliquat d’elle-même sur son coeur.

Il se réveilla d’un coup. Sortit les crocs et faillit l’envoyer valser d’un coup de patte, par réflexe.

ça brûlait. ça brûlait tellement…

Il regarda l’emplacement et vit un reflet bleuté… bleu royal… qui émergeait de sa toison. Comme si la lumière filtrée d’une nuit de pleine lune avait atteint sa chair tout en s’incrustant jusqu’à faire partie de lui.

Il craignait que cet éclat ait pris une forme kitsch et risible comme un petit coeur ou pire encore. Il regarda de plus près… avec un peu d’imagination, on pouvait y voir une forme d’oiseau. Mais il fallait vraiment imaginer loin. Rassuré… il regarda la petite fée et lui demanda pourquoi elle avait fait ça et si elle savait que ce morceau allait se greffer aussi fort en lui…

– Non, je ne le savais pas. Ne me demande pas de tout expliquer, des fois il y a des choses que mon instinct me fait accomplir et que mon esprit ignore pourquoi il s’exécute. Des fois, mon coeur me dicte des actes que mon instinct réprouve. Ce bout d’aile est juste à sa place. Tout contre ton coeur. Comme une part de ton coeur. ça brûle… je l’ai vu… mais tant que cet éclat brillera autant qu’il brûlera, je pense que notre association étrange tiendra le coup. Tu dis vouloir prendre soin de moi et me protéger… et si me protéger passait aussi par là ? Je ne sais pas. Mes ailes et ton coeur sont autant liés que ta morsure et mon optimisme.

– Laisse-moi dormir… s’il-te-plait. Même s’il fait jour.

Et là, enfin une petite inversion des rôles, elle le laissa se blottir tout contre elle. Enfin si on pouvait dire ça tant il était plus grand qu’elle, il l’agrippa jusqu’à l’étouffer, lui laissa à peine de quoi respirer et s’endormit. Paisiblement. Ému mais paisible.

Elle passa la main sur sa tête… laissa glisser les doigts en le regardant dormir et respirer.

– Un jour, méchant loup, tu comprendras pourquoi cet éclat te revenait de droit.

« L’expérience est une lanterne attachée dans notre dos, qui n’éclaire que le chemin parcouru » Confucius  (merci Marie-H…)