Dors, petite fée…

Il faisait froid. L’hiver revenait petit à petit reprendre ses droits sur la nature, les paysages et la température de nos contrées.

Elle avait toujours quelques blessures aux ailes, l’empêchant de voler. Quelques morceaux restaient à recoller mais elle ne les quittait jamais, attendant le bon moment pour les assembler et faire en sorte que la magie reprenne. Son loup était presque guéri et retrouvait de temps en temps la verve et la force d’être un méchant loup et pas seulement un havre de douceur. Il reprenait du poil de la bête et sortait les crocs dès qu’une injustice la touchait. Il serrait la mâchoire pour ne pas aller trop loin et ne pas attaquer. S’il avait eu une poche, il aurait serré le poing dedans.

Ce soir là, elle eut une lubie. Elle remit ses petites chaussures chaudes, un peu éraflées, griffées par le temps et l’usure. Elle se fabriqua un petit paquetage où elle mit tout ce qui lui restait. Ses espoirs, ses rêves, ses petits morceaux à recoller, un peu à manger, de quoi se changer car elle restait une petite fée coquette, une couverture chaude, quelques feuilles pour écrire, un guide herboriste, une petite écharpe, un bout de ficelle… un peu tout ce qui lui semblait vital à ce moment là.

Elle prit un bâton et testa sa solidité. Elle le fixa à son paquetage pour s’en servir au cas où son équilibre la mettait en péril.

Et là, de nuit, elle partit. Elle marcha deux heures et vit au clair de lune son but. Cette montagne qui la faisait tant rêver mais lui faisait si peur. Elle était terrorisée rien qu’à l’idée d’y poser un orteil. Et ce soir là, elle commença son ascension. Pas à pas, guidée par la lune et le sentier sous ses pas. Ce n’était ni prudent, ni fou. C’était juste son but. Elle devait le poursuivre. Elle avançait à toutes petites foulées. De quoi survoler la terre pour ne pas la meurtrir.

Un caillou qui tombait, une branche qui craquait, tout lui rappelait qu’elle n’était pas ici chez elle et qu’elle devait prendre soin de ses rêves, bien attachés dans son petit sac. Ils ne devaient en aucun cas se briser. Tout comme les morceaux restant de ses ailes.

Et là, seule dans nuit, elle se fabriqua un petit abri pour le reste de la nuit. Elle était peu montée. À peine quelques centaines de mètres. Et il y en avait tellement ! Ses mains étaient froides, elle se blottit dans son petit abri, sous sa couverture et se perdit dans ses pensées. Ce soir, son loup ne lui tiendrait pas chaud et ne rassurerait pas son âme.

Elle devait grimper. Encore. Y arriver. En cherchant l’absolution, des fois on se trouve soi-même.

Elle y arriverait. Comme chacun des buts qu’elle s’était fixé dans sa toute petite vie. Elle frôlait l’éternité à chaque fois qu’un nouveau souvenir se gravait dans sa tête.

Elle y arriverait. Un jour. Peut-être demain…

Dors, petite fée. Dors… et grimpe. Grimpe aussi haut que tes rêves ne le permettent. Ne laisse pas tomber tes buts, tes défis et ta vie. Prends soin de tes ailes, si elles guérissent, tu pourras redescendre en volant, sans même toucher le sentier. Laisse ta force être ton guide. Laisse tes faiblesses devenir tes signes de prudence.

Elle y arriverait.

…dors, petite fée… dors…

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