Et un jour… les mots…

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Un jour… enfin non, hier… quelqu’un m’a dit ces mots: « Si tu devais arrêter tes activités pour choisir d’autres priorités, j’aimerais que tu continues d’écrire. N’arrête pas d’écrire »

C’est dans les mots que naît l’évidence.

Non, je n’arrêterai pas d’écrire ! En aucun cas ! Regardez le chemin parcouru… vingt ans à écrire sur des bouts de papier, les perdre, les jeter, les donner, n’en garder quasiment aucune trace. Être encouragée par des amis pendant des années, eux qui croyaient que mes mots intéresseraient d’autres qu’eux… Commencer un roman. Puis un autre. Se rendre compte que le deuxième ira plus vite que le premier car il coule de source. Le finir. En moins d’un an. Et puis, suite à un défi (enfin non, quatre) l’envoyer aux éditeurs, sans y croire car on dit qu’il n’y a qu’une chance sur 600 ou plus, qu’un texte soit retenu à compte d’éditeur (quand l’auteur ne paie rien et que l’éditeur prend les risques car il y croit). Avoir une réponse en moins de trois semaines quand la moyenne se situe entre un et six mois. Signer…

Et quelques mois après, avoir des demandes, des dédicaces, un salon du livre… un texte publié à Noël, soit moins de 9 mois après le roman, en contrat à compte d’éditeur également. Mettre un best-of blog online en auto-édition pensant que, puisque les gens l’avaient lu, cela n’intéresserait personne au niveau édition. Se faire rappeler par un éditeur… devoir tout retirer de la vente et là, avoir ce livre entre mes mains (et les vôtres) à compte d’éditeur également.

Signer la réédition du premier roman, qui arrivera bientôt à vous, ceux qui ne l’ont pas encore.

Crouler sous les propositions de dessinateurs souhaitant faire un binôme pour un projet enfance… les refuser toutes. Et un jour, tomber sur Vayounette ( voir: https://www.facebook.com/pages/Vayounette-illustration/394235617266207?fref=ts ) et tomber sous le charme. S’entendre si bien au niveau univers, malgré que je n’écrive que pour les adultes, que le binôme est en place et que le projet avance à grand pas…

Et là, début janvier, espérer que ma réédition soit finie et envoyer le Tome 2 des « Mots de Tania » à l’éditeur en espérant qu’il en veuille…

Avoir 4 romans en cours dans mon ordinateur et ma tête.

Tout s’est accéléré à la parution du texte de Noël, pourtant atypique puisqu’il s’agissait d’un texte pour adultes, à thème « Noël érotique » donc pas évident à traiter. Et de ce texte, naquit également une collaboration qui me court sur les nerfs, me met à rude épreuve parfois, moi la spontanée qui ne se relit presque pas… celle avec un correcteur parfait et ultra-perfectionniste dans sa compréhension de mes mots et sa capacité à les sublimer et les rendre plus justes.

Vous voyez, un jour, grâce à vous… je me suis réveillée auteur. Et je ne compte me rendormir ni laisser les mots filer ailleurs que dans ma tête et entre vos mains.

Voilà, ce petit historique pour remercier qui de droit de ces mots hier soir et de tous ceux que vous continuez à m’envoyer presque chaque jour, vous qui aimez me lire.

Je profite de me faire un peu de publicité. Dès janvier, vous aurez accès à un système d’abonnement annuel ou libre, comprenant un atelier d’écriture ludique, le temps de discussion téléphonique pour en parler, une carte de citations à collectionner ainsi qu’un marque-page à collectionner également, pour accompagner vos lectures ou offrir à quelqu’un. Faites-moi signe si vous êtes intéressés ! On en parle avec grand plaisir !

 

 

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Fatigue

Il était fatigué de sa journée. Courir partout. Penser à tout. Être un loup n’est pas de tout repos.

Il voulait aller se coucher. Dormir. Se reposer de sa journée avant d’en attaquer une nouvelle. Oublier les tracas, passer à autre chose et reconstituer son stock de neurones actifs jusqu’au lendemain. Déconnecter du monde et se réfugier dans le vide du sommeil en espérant que ses rêves ne soient pas trop mouvementés. Il voulait juste… du calme.

Allongé, apaisé, il sombrait presque lorsqu’une petite plainte lui chatouilla l’oreille. Une tristesse impalpable de par sa nature mais aussi par sa distance. C’est comme si elle résonnait dans son oreille. Proche. Toute proche. Pourtant il s’était isolé et était seul sur sa couche.

Il se leva, d’un bond. Comme s’il savait que quelque chose se tramait. Il ne savait pas où aller mais suivit son instinct. Il traversa la forêt en suivant le chemin qu’il connaissait bien. Il entendait toujours cette petite voix qui n’allait pas bien et commençait à comprendre. Encore une fois, son sommeil allait en pâtir. Encore une fois, il allait le regretter car il aurait du mal le lendemain. Mais il suivit sa route.

Là, au loin, il vit une silhouette. Il espéra quelques secondes  qu’il aurait tort. Tout espoir de ce type aurait du disparaitre de son vocabulaire il y a longtemps mais il continuait  à espérer de temps à autres, pour sombrer ensuite dans une lucidité effrayante et un monde noir hyperréaliste.

Il la trouva là. Le regard vide de sens. La peau tremblante et couchée à même le sol, à peine protégée par un petit bout de couverture rapiécée. Sa main était crispée sur un objet. Il eut du mal à accéder à sa paume de main pour voir. Il y trouva un petit galet plat et tiède, portant en lui la température qu’elle ne montrait plus. Sur ce galet, elle avait dessiné un rameau d’olivier, lourd de sens.

Il lui parla, sans trop savoir si leur dialogue en était vraiment un. Elle avait l’air de parler seule pour se calmer, sans tenir vraiment compte du fait qu’elle l’empêchait de dormir. Sans doute le savait-elle, pourtant.

Au fil des mots, sa voix se calma d’elle-même et se fit plus douce. Quant au loup,  il osa un bâillement.

Les yeux humides, elle serra  sa peau contre sa fourrure et lui chuchota ces mots: « Personne. Personne n’est là, tu comprends ? Je n’ai que toi, ce soir. Mes amis sont loin ou préoccupés. Il n’y a que toi. C’est un poids si grand, que je te pose sur les épaules. Pardon. Ma famille, c’est toi, quelque part. Le sang ne fait pas tout »

Il remit la couverture sur elle, la mit à l’abri du vent et la regarda s’endormir avant de partir rejoindre sa tanière.

En posant la couverture, il remarqua quelque chose d’étrange. Un bout d’aile brisée avait atterri à quelques mètres d’elle et avait fait des ramifications. Comme pour s’enraciner là où il était tombé.

Mais… pourquoi ?

 

Comme une envie…

Comme une envie de fracasser une baguette magique, de briser des ailes, de s’envoler dans le vide malgré les fractures, de serrer le poing fort dans le mur, de courir en forêt à dos de loup, d’écouter la pluie tomber sur les paupières, éteindre le soleil, jeter les mots, massacrer les phrases, avancer dans le néant, reculer dans le mur…

 

– Qu’as-tu donc, petite fée ?

– Rien.

– Vas-y, prends moi pour un con, on ne dira rien.

– Rien, je te dis.

– Et sinon, tu me parles quand ? Vas-y, hurle, exprime, frappe le silence, agresse le jour…

– Rien, je te dis. Rien de plus qu’hier, rien de moins que demain. Juste une rage passagère qui donne envie de se battre sans savoir contre quoi, contre qui. Juste cette force intérieure qui pousse à avancer sans savoir vers quelle destination ou but. Juste ces rêves qui tapent le coin de la tête et espèrent sortir. Juste ça. Tu comprends ?

– Non.

– C’est pour ça que je te parle, toi l’ami imaginaire, au lieu de faire appel à ceux qui sont là habituellement. C’est parce que tu ne comprends pas.

– Tu préfères être incomprise ?

– Non. Mais avoue que c’est plus reposant que de débattre avec des gens n’ayant que faire de trouver la signification des pensées et qui ne vont pas plus loin que le sens réel des mots, qui n’utilisent aucune rhétorique et ne manient pas plus les mots que leurs avis…

– Mouais. Peut-être.

– Voilà. C’est malin. Je ne voulais pas débattre et j’y suis quand même. Suis sûre que ça te ravit.

– Je n’existe pas, rappelle-toi.

– Et alors ?! Si moi, je veux que tu existes, tu existes et c’est tout.

 

…il y a des soirs comme ça, ou ne pas chercher à comprendre reste la meilleure solution pour préserver le peu de santé mentale qui subsiste à travers ce masque de normalité folle qu’imposent la vie et ses passagers.