Elle le savait, pourtant…

C’est vraiment incorrigible, les fées.

Elle le savait, pourtant, qu’il ne fallait pas envoyer son âme en vacances quelque part où ses ailes auraient la possibilité de brûler. Elle le savait, qu’il ne fallait pas espérer la rédemption là où l’apocalypse avait des chances de régner un jour.

Et comme d’habitude, elle s’y est laissé prendre. Plus fort, plus sincère, plus puissant. La plus puissante histoire que sa vie n’ait jamais pu inventer. Même les mages n’auraient pas pu inventer plus puissant sortilège de vie. Plus prenant s’appelait impossible.

Elle a fait son chemin, gardant sa bulle de protection et invoquant la nature, la puissance des rêves et l’innocence d’une naïveté intacte pour se protéger. Elle a cru ces fameux proverbes qui disent qu’il n’y a pas de chemin menant au bonheur mais que c’est le bonheur lui-même qui est le chemin. Chaque pas, un petit bout d’aile s’effritait mais se reconstituait immédiatement. Comme si une guérison rapide était possible. Elle avait donc continué d’avancer. Chaque jour passé la solidifiait et la faisait se relever plus vite de ses chutes. Chaque doute était contrebalancé par une certitude. Chaque pensée négative que lui véhiculait le méchant loup, était immédiatement rangée dans sa petite bulle tout de bleu roi vêtue. Chaque fois qu’une pensée l’atteignait vraiment, elle s’enfermait seule dans sa bulle, virant toute personne n’y étant pas la bienvenue, et invoquait la force qu’un amour peut avoir, la nature, le souffle du vent ou le bruit des feuilles pour se  calmer.

Plus ses pas se faisaient confiants, plus l’on tentait d’alourdir ses épaules. Plus on la malmenait, plus elle croyait la phrase « sept fois à terre, huit fois debout ». Et pourtant, depuis quelques temps, le temps se rallongeait. Ses blessures mettaient du temps à guérir. Ses doutes restaient un peu plus longtemps. Les attaques l’atteignaient plus fort. Les gens semant la zizanie dans son esprit, arrivaient à percer la bulle et y faire des brèches incurables.

Elle y croyait. Encore et toujours. Elle ne pouvait pas céder à la morsure de ces questions qui rongent l’âme et noircissent le sang. Elle ne pouvait pas se noyer dans tout ce vent qui la frôlait sans cesse en l’appelant à lui. Elle y croyait si fort que ses rêves brûlaient eux-mêmes ce qui lui restait d’ailes, la rendant de plus en plus humaine. Elle y croyait, envers et contre tout. Envers et contre tout le monde. Quitte à être la seule à le faire. Quitte à brouiller sa vision et ne plus rien voir tellement ses yeux avaient pu contenir de larmes en un seul instant. Ses mains et son ventre se crispaient de douleur plusieurs fois par jour, depuis quelques jours. Ses yeux ne cachaient plus rien. Tout devenait si transparent qu’elle en mettait son équilibre d’invisibilité en jeu. Mais elle voulait encore y croire. Serait-elle vraiment seule à le faire… aucune idée.

Mais là, la respiration coupée par les volutes des deux inséparables que sont tristesse et douleur, elle se meurt.

…sauvez-la… ou achevez-la.

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