Petite fée de poche…

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C’est vrai, on dit que les petites fées de poche peuvent tout endurer. La peur , les souvenirs, les agressions, les deuils, les petits riens dont on fait une montagne, les  montagnes de trouille qu’on attaque à la petite cuillère ou au couteau suisse, les pertes de sens comme les trop plein de silences, les attaques comme l’indifférence. On dit qu’elles sont là quand il le faut même si elles se font parfois rembarrer. On dit aussi que chaque larme qu’elles versent les rendront plus fortes. On dit qu’après avoir souffert, elles se relèvent et font de tout ça une force. On dit qu’elles sont si fortes qu’on ne les imagine jamais chuter. Parfois, un ragot parle d’elles comme étant normales et faibles à leurs heures. Chut, il ne faut pas écouter les ragots. Parfois aussi, elles sont là quand il ne le faudrait pas. Elles tombent comme un cheveu dans la soupe. Il est des anciens qui content les petites fées de poche comme étant à ne jamais surestimer. Ces anciens se font rares et du coup, les petites fées de poche sont considérées comme invincibles. À tort. Il est des petites fées de poche qui ont, de temps à autres, croisé un grand méchant loup. Et là, soit elles se sont fait peur, soit elles se sont prises d’amitié ou même plus, pour le loup. Celles qui sont tombées sous le charme ne s’en sont pas remises et ont succombé lentement à la morsure d’un amour canin. On dit que certains méchants loups ne sont plus que loups, depuis que leur route a croisé une petite fée de poche. Et pourtant, ils n’ont pas de poche. Si vous en croisez une, faites bien attention. Ne la surestimez pas. Ne lui faites pas croire qu’elle peut prendre sur elle tout le temps ou elle tombera inerte dans vos bras et ses rêves s’effaceront de vos coeurs. Ne lui faites pas croire qu’elle ne sert à rien, elles se laisseront dépérir et aspirer par le néant et son vide. Si vous croisez un grand méchant loup, mettez le en garde, dites-lui que s’il croise une petite fée de poche, il doit éviter à tout prix de la rejeter. Dites-lui aussi qu’elle gardera ses secrets, ses peines, ses pleurs et ses joies. Qu’elle partagera ses grandeurs comme ses faiblesses. Qu’elle se fera velours pour calmer les pics de ses colères. Dites-lui surtout qu’elle ne le lâchera jamais, même si parfois, le vide l’appelle à lui. Dites-lui encore que les anciens avaient raison. Et laissez-le calmer ses craintes avant de réaliser qu’il l’a adoptée sans même le vouloir… comme on attrape un frisson dans le dos avec quelques notes de la Gnossienne no2. Qu’il la laisse s’endormir paisiblement dans son pelage avant d’émerger sur ses plaines quotidiennes et leur lot de batailles hebdomadaires. Qu’il la rassure avant de s’endormir seul dans sa toundra. Elle ne se laissera pas couler, elle préfèrera noyer ses côtés vulnérables entre une larme et une goutte de thé. Dites-le lui… s’il-vous-plait. Ne les négligez pas. Ni elle, ni lui. Ils sont tout. Ils sont vous. Ils sont en vous.

Surtout, guettez… et dites-leur tout ça… De ma part. Et de la part d’une petite habitante de ma poche droite.

Retrouver son souffle.

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C’est vrai, avec nos vies de fous, des fois on a besoin de retrouver notre souffle. Prendre le temps de respirer lentement. Prendre le temps de regarder autour de nous et voir la beauté du monde. Apprécier ce qui nous est donné avant de retourner dans notre quotidien à souvent nous plaindre de ce que nous n’avons pas.

Il y a quelques mois, en novembre, j’étais partie en week-end pas loin de chez moi. Un bout de nature incroyablement paisible. Pourtant, c’était l’hiver, la verdure manquait un peu et les paysages étaient un peu mornes. Cependant, cette nature au repos avait un côté apaisant. Pas mort du tout. On sentait la sève terrestre monter par tous les pores de terre et d’écorces. L’énergie était forte. La paix aussi. De quoi recharger les batteries pour un certain temps. Cela fait à présent six mois et j’ai à nouveau besoin de partir un peu loin de tout (même si en fait, c’est relativement proche de chez moi) pour me poser, prendre un sandwich en haut d’une montagne avec la nature, sans téléphone ni ordinateur. Juste l’air pur et un appareil photo pour venir vous en parler après. Besoin de me rappeler que le quotidien et nos vies ne sont rien si on ne prend pas le temps de penser à soi. Je remercie qui de droit de me permettre de faire ça de temps en temps. Et quand mes genoux auront vraiment récupéré, ce seront des photos de bien plus haute altitude que je vous amènerai. À cause d’un accident l’an dernier,  je ne peux momentanément plus monter (enfin si, monter je peux, c’est descendre le souci…) à 2500-3000m comme avant et je me contente des sommets Jurassiens. Mais j’ai bon espoir de pouvoir jouer les cabris l’an prochain à nouveau.

Faites attention à vous. Prenez du temps à vous… ressourcez-vous.