Oxygène

Se pourrait-il que l’on puisse comparer les mots, les paroles de ceux à qui l’on tient… à l’oxygène sans lequel nous ne pourrions pas subsister ?

Et pourquoi pas ?

Que serait ce monde sans communication ? Et je ne vous parle évidemment pas des moyens technologiques à notre disposition mais des amis qui prennent le temps d’appeler au téléphone et simplement dire « ça va ? » en attendant sincèrement la réponse. Ceux qui d’une seule phrase, allègent le poids d’une journée… Ceux qui, dans un souffle ou un chuchotement discret, comprennent. De tous ceux qui admettent ne pas comprendre mais sont là quand même. Ceux qui peuvent passer une heure et demi au téléphone sans décrocher plus de cinq phrases, se révélant utiles et vitaux quand même. Ceux qui s’abstiennent d’appeler, aussi, nous respectant dans nos phases de vie. Ceux qui ne veulent pas s’imposer mais envoient un petit sms avant d’appeler, pour savoir s’ils peuvent le faire sans déranger.

Je vous parle de tous ceux là. Ceux dont on ne saurait se passer. Ceux qui nous manquent dès qu’ils sont un peu plus loin, un peu plus tardifs, un peu plus courts… mais que l’on oublie pas pour autant. Ceux qui créent le vide par leur absence autant que le remplissent par leur retour.

Ne voyez-vous pas cet oxygène que ces mots, ces amis, représentent ? Quelqu’un que je connais et à qui je tiens énormément a écrit, il y a quelques temps, une phrase que je vous retourne: « Je t’envoie mon coeur, prends-en soin ». Je pense que lorsqu’on a des amis pareils, on en prends soin justement. D’eux, de leur coeur, de cette petite partie de coeur qu’on a en commun, sans quoi le puzzle n’est pas complet.

J’espère que vous aussi, avez votre part d’oxygène chez vous, dans votre entourage. Pour ma part, je suis gâtée, comblée. Merci à vous qui me lisez, vous qui vous reconnaissez. Vous êtes ceux par qui le souffle ne se perd jamais, ceux par qui la vie continue et avance.

Ce soir, perdue dans mes pensées et mes mots, j’avais envie de ressentir cette force que votre énergie me transmet. Encore une fois, j’ai été exaucée. Merci…

Image

Extrait…

– 742 kilomètres. Non mais tu ne te rends pas compte. C’est juste… trop loin. ça fait 74200000 centimètres de trop. Déjà qu’un, c’est déjà beaucoup….

– Tu n’exagères pas un tout petit peu, là, Elsa ?

– Non mais arrête… pas du tout ! C’est énorme…

– Elsa ! Il ne part que 6 jours… tu ferais quoi si ton mari était marin ? et partait 5 ou 6 mois en mer ?

– Bah tu crois pourquoi, que je n’ai jamais songé épouser un marin ?

– Je capitule. Mais je ne comprends pas. Il ne part que 6 jours, vous vous écrivez tout le temps, vous vous téléphonez souvent… c’est que 6 jours quoi !

– 6 jours. Donc … 15 siècles. Donc… trop loin. Donc… un bout de coeur qui manque à l’appel et un vide qui ne sera comblé par rien d’autre jusqu’à son retour. Et par pitié ne transforme pas ma dernière phrase en truc de cul.

– Tiens, je n’y avais même pas pensé. Mais… c’est rien 6 jours. ça te permettra de souffler, te renouveler, prendre du temps à toi…

– Tu ne comprends pas. J’AI du temps à moi. Chaque jour, chaque soir. Ce n’est pas du temps à moi dont j’ai besoin, c’est de temps à nous.

– 6 jours.

– Non. Un peu plus de 10 avant de le revoir.

– Tu chipotes.

– Même pas. Mais  je pense que tu ne comprendras pas. Même moi, j’aurais ri en entendant ça, il y a de cela 2 ans, 6 ans ou même quelques mois.

– Mouais. bon. ok. 6 jours où tu vas juste être chiante ?

– Bien résumé.

– Ok, on va dire que je n’ai rien entendu et que je mettrai tout ce qui se passe cette semaine sur tes sautes d’humeur hormonalement guidées.

– Ou alors, tu sors la Manzana.

– Ouais, aussi. Et de la limonade. Et du citron vert.