De l’inculture à la fausseté d’un avis sur soi.

Quelqu’un de fort avisé, m’a cité ce week-end, Socrate. Si si, Socrate, vous savez, le philosophe grec… celui qui est considéré comme inventeur de la « philosophie morale »… Oui, je sais, je me la pète à savoir qui c’est et à sortir des termes pareils, mais apparemment Wikipedia dit pareil (non, je ne viens pas de citer wikipedia, c’est hors de question que j’aie dit ça) Bref. Socrate disait: « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien »

Dissertons ? Non, je blague.

La personne m’ayant cité Socrate, est sûre de n’être qu’un tout petit pion de culture dans un océan de grands. Et moi, je n’arrête pas de lui dire qu’en vingt-cinq ans, on ne m’a jamais autant impressionée à coup de culture et citations .

En fait, le problème avec le savoir, c’est que chacun a le sien et que de temps en temps notre propre savoir rejoint celui de nos amis, qui n’en ont pas la même perception. De là, partent de temps à autres des discussions sur le niveau général de culture chez l’autre, discussions fortement tirées par les cheveux, tant il est impossible de compter les points de culture chez quelqu’un. Certes, on dira « oh non, il n’a jamais lu « Des souris et des hommes » ou « Orgueil et préjugés », mais à quand un comptage de points prenant en compte les affinités sélectives de chacun ? Pourquoi, une femme d’âge moyen collectionnant les livres d’Helen Fielding et Meg Cabot (pardon pour les références, désolée pour les puristes  et adorateurs du classique) serait-elle moins cultivée que ceux qui ont dans leurs bibliothèque que des auteurs considérés comme des maîtres en leur domaine et étant étudiés à l’école ? Je vous assure que si on m’avait proposé (et j’étais en classe littéraire) d’analyser Bridget Jones et son désopilant journal, je l’aurais fait de bon coeur, pour comparer les écritures classiques au modernisme éhonté d’Helen Fielding.

Oh, je vous vois venir, vous qui avez lu mon livre. Sans doute, allez-vous être un petit nombre à venir me parler en privé, me demander si cet article n’est pas une façon détournée de chercher le compliment d’autrui de type « haha très drôle, tu dis ça, mais tu as vu ce que tu as dans ta bibliothèque ? ». Non. En fait, non. Pas du tout. C’est juste un débat que j’avais envie de lancer contre moi-même. Une sorte de duel à mort entre mon amour des grands qu’a connu ce monde littéraire et mon goût des textes futiles et divertissants, fleurissant ci et là depuis des années. C’est toute la nuance entre un grand livre comme « Le comte de Monte Christo » et un texte que l’on peut lire dans le bus. Les gens, mes amis, me disent souvent que c’est très mauvais et ironique de traiter mes écrits de « futur livre de gare ». Mais non ! J’aime cette idée, d’être lue entre deux pans de vie, dans le bus, de vous arracher un sourire alors que vous êtes en train de pester contre votre voisin puant de métro, dans un bouchon interminable à Paris, sur un transat au fin fond de la Tunisie ou dans votre baignoire ! J’aime ce côté simpliste (et là, j’ai un de mes lecteurs qui va hurler en me disant qu’il n’est pas d’accord, que je ne suis pas simpliste, ouais. On en rediscutera. Sans doute une divergence de définition littérale).

Enfin voilà. En effet, Socrate avait raison. Nous ne savons rien. Nous apprenons chaque jours des détails de ce qui nous bâtit un savoir, mais nous ne savons réellement rien, car chacun sait quelque chose que l’autre ne sait pas et dont il n’a strictement rien à foutre. Pardonnez mon vocabulaire, mais c’est vrai. Combien d’entre vous n’ont jamais pensé « oh non, il/elle va encore me gonfler avec son machin de livre à la noix là… » en parlant à quelqu’un de proche mais passionné par autre chose que vous ?

Non, vraiment, on ne sait rien. On bâtit notre savoir mais il ne restera à jamais que poussière de savoir aux yeux de certains et encyclopédie vivante aux yeux d’autres. Si on fait la balance, non, on arrive à 0. De quoi se motiver à continuer à apprendre, d’être toujours sûrs d’avancer, d’être sûrs de ne rien savoir pour cultiver notre cerveau et lui apprendre à se remplir de choses que l’on estimera importantes et qu’il stockera dans un coin pour le ressortir au bon moment…

Plus vous serez sûrs d’être ignorants, plus vous avancerez vers la vraie soif de connaissance…. celle qui prend aux tripes et nous fait lire un pavé de 1500 pages en 4 nuits juste pour « savoir la fin ».

À toi, lecteur qui me lit.. ne prends pas cet article comme une insulte. Je ne te traite pas d’ignare, je t’encourage à te considérer ainsi, pour ne jamais arrêter d’apprendre, de te cultiver, de continuer les livres, les expositions, les discussions avec des gens de tout type de niveau socio-culturel…

Et moi, sur ce, je vais dormir.

Bises, merci d’avoir lu mes élucubrations nocturnes.

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Un commentaire sur « De l’inculture à la fausseté d’un avis sur soi. »

  1. encore une fois c’est très vrai, et je rajouterais mais si implictement cela est dit que la culture ne se trouve pas que dans les livres. Emilien (le mien evidemment), me disait l’autre jour  » en fait, des fois jme sens con, je discute avec des clients, ils me citent des trucs et je ne sais pas de quoi ils parlent! » alors je lui dis que non, la culture, ce n’est pas fait que pour briller en société, et tous les sports qu’il a pratiqué, il en connait les regles, son métier, il en connait les regles, son expérience lui a appris un tas de choses, son bidouillage informatique le rend indispensable dans les  » help me, je comprends pas ya un bug), etc…bon, je rajouterais bie  » et puis, me rencontrer t’as beaucoup enrichi en terme de culture  » mais là, ça serait de la vantardise, et en plus, ça ne serait pas vrai ( quoique desormais, il fait la difference entre de la couture et du tricot…grace à moi quand même!!lol)
    merci pour tes mots Tani, j’aurais du passer bien plus tôt ^^

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