De petits mots en petites poussières de bonheurs…

C’est vrai, j’écris rarement sur les émotions que l’on peut ressentir.

J’ai plutôt tendance à me concentrer sur les extraits de romans, les pensées diverses et les mots qui me passent par la tête, sans porter une attention réelle à la vie de tous les jours.

Franchement, de vous à moi… Vous profitez vraiment des petits bonheurs qui vous sont offerts ? Ceux qui ne coûtent rien mais sont mémorables ? Ceux dont vous vous rappellerez longtemps sans toutefois le crier sur les toits ? Ceux qui vous ont fait sourire ou vous ont ému ? Ceux qui ne paient pas de mine mais vous redonneront le sourire rien qu’à y penser ?

Vous devriez.

Je vous parle de temps en temps des enrichissants échanges épistolaires prévus avec des amis chers à mon cœur. Je vous parle souvent de ces mots, qui volent aussi hauts que nos espoirs, qui atteignent les cieux avant nos pensées… Je vous conte également souvent ceux qui m’ont surprise ou laissée sans voix.

Ce sont ceux-là, à qui je rendrai hommage ce soir. Ceux qui ne sont pas prévus, qui arrivent un jour (ou un soir, en l’occurrence) dans mon e-mail et me laissent muette. Ceux qui me connaissent, savent à quel point je suis une incorrigible bavarde et à quel point il est dur de me laisser sans répartie, muette ou étonnée.

Ce soir, j’ai eu dans mon mail, quelques mots. Peut-être que dans un cas différent, ils m’auraient fait moins d’effet. Mais… ils venaient de deux jeunes demoiselles que je ne connais pas, m’adressant un gentil message, reconnaissantes de certaines choses que je ne dévoilerai pas en public…

J’avoue, elles m’ont émue. J’avoue, j’ai relu leurs mails au moins quarante-cinq fois pour éviter de me pincer et savoir si j’avais rêvé en voyant leurs noms et prénoms dans ma liste d’expéditeurs.

Eh bien, vous savez quoi ?

Au milieu de toute cette jungle de mots, que l’on m’adresse toute la journée… de ce flot incessant et passionnant que je reçois tout au long du jour… ce sont leurs mots qui resteront gravés dans ma mémoire, à cette date.

Comme quoi, le simple n’est pas forcément simpliste, et qu’un geste peut être touchant, quel qu’il soit.

Je vous en prie.. je vous en conjure, faites attention à ces petits moments qui font que nous, humains, sommes si désarmés de temps en temps… Retrouvez votre âme d’enfant ou d’adolescent, perdue quelque part dans votre réalité d’adulte, et chérissez-là.

Je ne sais pas vraiment si elles liront cela. Mais si c’était le cas… Mesdemoiselles, merci.

 

Du manque et des réactions.. (extrait roman no2)

Cathy/Quincy, acte 4

C’est vrai, il était marié. Elle le savait. D’ailleurs, elle aussi, du peu qu’elle s’en rappelle.

Oh, c’était horrible de parler ainsi mais c’était réaliste. Son mari et elle étaient amis et loin d’être en guerre. Le fait était qu’entre eux, la flamme avait fait la place aux cendres.

L’adultère était quelque chose qu’aucun d’eux n’avait jamais imaginé vivre, trop impliqués dans une morale judéo-chrétienne que la société impose comme logique. Pourtant, ça leur était tombé dessus. Enfin, tombé… doucement, tel un flocon de neige sur le bout du nez, un matin d’hiver.

Peu à peu, ils étaient tombés amoureux. Peu à peu, ils avaient appris à se connaître.

À eux deux, ils avaient 8 enfants. Un beau score. Trois pour lui, cinq pour elle.

Là où leur histoire les étonnait, c’était par sa maturité. Aucun d’eux n’aurait jamais pris l’initiative de quitter sa famille, de larguer ses enfants pour vivre un amour, même si c’était le grand. Celui qu’ils attendaient.
 Aucun d’eux ne mettait de pression à l’autre. Ils se contentaient de vivre la moindre minute ensemble comme si elle représentait l’éternité. La leur.

Dès qu’elle passait la porte de chez elle, le quittant et le renvoyant dans son foyer.. un bout de coeur leur était arraché à tous les deux. C’était ça, le jeu. Le prix à payer pour être heureux, même si d’un point de vue temporel, cela n’était pas entièrement.

Plus les jours passaient, plus ce prix se faisait cher. Lourd à porter. Mais aucun d’eux n’avait envie de céder à la facilité et de partir. Aucun d’eux n’en était capable, en vérité.

Bien sûr, c’était « moche » comme on dit. Mais d’un autre côté, le bonheur qu’ils se construisaient, permettait aussi que leur vie quotidienne soit allégée, qu’ils la vivent le sourire aux lèvres car rien ne leur manquait dans leur existence.

Ce soir là, il lui manquait plus que d’ordinaire. Ce soir là, elle savait qu’un bout de coeur lui manquait, resté tout contre le sien… elle comptait les heures jusqu’à le retrouver et se sentir à nouveau entière.