Des énergies et du magnétisme

Vous avez déjà eu cette sensation ? Celle d’être chez vous, sans y être vraiment ?

Comme en pénétrant dans un de ces endroits si bien agencés qu’on y poserait bien un livre dans un coin, un plaid dans un autre… on imagine le chat traverser la pièce… on a déjà une odeur de tarte pomme-cannelle qui atteint nos narines imaginaires… on entend le feu crépiter… on arrose la plante verte au coin de la pièce…
Et après, on ouvre les yeux, en fermant ceux de l’âme.. et on se rend compte qu’on est loin de la maison et que ce n’est pas du tout notre salon…

Il est des endroits, des villes qui produisent ce genre d’énergie. Chaque personne a un chez-lui.

J’ai une de ces villes en tête et au fond du coeur. Montréal.
Il m’a suffi d’y poser un pied, en février, pour me sentir chez  moi. Je n’y avais pas posé un orteil depuis 1993. Et pourtant, en passant le portique de sécurité, j’avais déjà tout juste.

Le taximan m’a demandé où était ma maison et si je rentrais de voyage. Des automatismes étaient revenus. Une partie de mon accent, des expressions, la sensation d’être ici chez moi comme nulle part ailleurs. Je reconnaissais la ville, les odeurs, l’ambiance et même quelques rues. Les noms des stations de métro ne m’étaient pas inconnues.

J’ai toujours dit: « Ma maison est en France, mais mon foyer c’est là-bas ».

Là, dans mes lignes, j’espère vous faire voyager dans cette familiarité qui est mienne. Mon prochain roman s’y déroule. Et si je fais bien mon « travail », vous devriez avoir envie d’y aller, avec toutefois l’étrange sensation d’avoir écouté une jolie histoire à la porte et regardé par un trou de serrure.

Encouragez-moi. Ou pas, c’est si beau… J’ai hâte de vous y emmener.

J’y retourne.

 

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Jalouse, elle ?

Ce soir-là, elle décida de relever son e-mail. Comme chaque soir.

Comme chaque soir, elle attendait un signe de sa part. Depuis qu’elle avait quitté ses bras autant que sa ville, elle se raccrochait quelque peu à ces échanges virtuels, en attendant les prochains rapprochements épidermiques. Les centaines de kilomètres les séparant, n’aidaient pas à sa sérénité nocturne.

Ce soir-là encore, elle eut le coeur à l’arrêt quelques secondes, le temps d’apercevoir son nom dans la liste des messages reçus.

Comme d’habitude, elle ferma les yeux, le temps que le message s’ouvre, pour bien mettre se remettre son visage en tête, imaginer l’odeur de son parfum et rêver ses mains sur ses épaules en doux massage.

Elle lut.

Elle relut.

Elle lut une troisième fois.

Et là, pour la première fois de sa vie, elle réalisa qu’elle pouvait être jalouse. Elle. Jalouse. Elle relut encore une fois son e-mail. Il n’y disait rien de spécial. Rien de méchant. Ses mots étaient gentils, amoureux, doux et attendrissants. Mais une phrase la mettait dans tous ses états. Une seule. Pourtant le mail faisait une bonne vingtaine de lignes.

Si quelqu’un avait cru Cathy jalouse, il n’y a de cela que quelques jours, elle aurait ri. Et elle aurait eu raison. Elle ne l’était pas. Elle ne l’avait jamais été. Trompée une fois ? Qu’importe.

Et pourtant, en lisant ce mail, son coeur avait eu comme une crampe. Un malaise de fierté. Un évanouissement de peur.

Elle avait eu, une seconde, une peur panique de le perdre. Qu’il s’éloigne. Qu’elle perde sa place dans ses rêves.

Bien sûr, elle avait confiance en lui, plus qu’en quiconque et là n’était pas la question. Elle avait confiance en lui, mais en aucun cas confiance en les gens qui auraient pu l’aborder, le séduire, le charmer, l’emporter dans un songe, le tenter… Décèlerait-il leurs stratagème tout en étant amoureux ? Lorsque lui même admettait que l’amour le rendait peu méfiant, en retard sur la prudence…

Là, en lisant ce mail, elle aurait pu tomber malade de jalousie. Rien qu’à cause d’une phrase. Une seule.

Elle ferma les yeux, essuya une simple et unique larme, et tenta de lui répondre avec tout le respect qu’elle lui devait, toute l’affection qu’elle lui portait et tout l’amour qu’elle lui réservait, à lui et lui seul.

Jalouse, elle ? On aura donc tout vu.

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De l’osmose et des réflexions…

On y croit ou pas. On en rêve ou on en cauchemarde.

On l’appelle destin ou chance, on l’appelle hasard ou on ne le nomme pas… On prétend que tout est écrit ou on écrit chaque jour une page de plus.

Ce qui est le plus drôle, en somme, c’est la capacité de deux individus à réagir à la même situation de manière totalement différente.

L’un se laissera abattre, déprimera et se fatiguera dans une certaine complaisance en attendant une évolution de la dite situation. L’autre, galvanisé par un point positif, rebondira et cherchera à tout prix à atteindre les nuages en profitant que la situation lui donne des ailes. Pourtant, ils ont vécu la même chose, les mêmes émotions, les mêmes sentiments. La chute n’a juste pas été la même. L’un a chuté des étoiles à la vitesse où la pomme a atteint le sol ou même plus vite. L’autre a cherché à profiter de la chute pour contempler les nuages, les étoiles et en ramener quelques uns dans ses poches.

Là où ça devient intéressant, c’est de voir si la personne qui a rebondi, arrive à transmettre son euphorie à l’autre afin de rendre les nuages plus attrayants que le sol. Chose compliquée pour qui aime avoir les pieds sur terre, il faut le dire. Si la personne y arrive, se passe alors quelque chose d’encore plus complexe: faire en sorte que la première personne reste un peu sur son nuage, même si la deuxième lâche sa main. Après tout, se faire un café et le boire, une main sur la tasse, l’autre dans le ciel, ça a quelque chose de profondément infaisable… n’est-ce pas ?

Je sais que certains se reconnaîtront en lisant, ne vous sentez pas offensés. Je cherche juste à poser des mots sur des émotions connues de tout un chacun. Et je vous souhaite à tous de faire partie de la deuxième catégorie de personnes aussi souvent que possible.

 

L’élévation est tout un art. Cultivons-le…Image