Elle se demandait.. (extrait roman no3)

Oh non, elle n’était pas malheureuse.

Elle avait tout pour se sentir bien. Un mari, des enfants, une maison, un chien, des amis… et même un hamac dans un arbre centenaire. Une petite vie rangée, compartimentée comme un tiroir de triage de poste.

10 ans. ça faisait 10 ans qu’elle était là.

Non non, pas malheureuse. Elle se posait juste des questions. Sa vie manquait de quelque chose, de quelqu’un peut-être ? Non, ça ne pouvait pas être ça.

« Suis-je faite pour rester toute ma vie avec la même personne ? » se demandait-elle le soir en s’endormant dans son coin de lit, sans le toucher pour qu’il n’ait pas trop chaud…

« Doit-on rester malgré tout et se battre, ou tout quitter simplement pour exister… ? »    Non, après tout, elle existait déjà. Elle en était presque sûre.

Elle était aux petits soins, prenait grand soin d’elle. Elle aimait la lingerie, les crèmes de soin, le maquillage et aller chez le coiffeur. Au fil des années, cependant, elle remarquait qu’il ne la voyait plus. Elle était là. Comme transparente ou faisant partie des meubles. Elle faisait à manger chaque jour, elle nettoyait sa maison, s’occupait des enfants. Comme si tout ça faisait partie d’un programme intégré à son cerveau mais sans que cela soit vraiment une vie.

C’était chose courante. Pourtant elle ne voulait pas être « courante » et encore moins banale.

C’est sûr. Il manquait quelqu’un à son espace. Qui, elle l’ignorait. Elle se refusait à cette éventualité.

Le saurait-elle si elle le ou la rencontrait ? Rien de moins sûr.

Là, ce soir, en faisant sa vaisselle… elle se demandait ce qu’était devenu sa vie pour qu’elle y soit habituée à ce point. Était-ce vraiment elle ? Ce château de cartes allait-il s’écrouler un jour pour ne montrer qu’un gouffre sans pont de corde ?

En attendant de le savoir, elle continuerait d’avancer. Tout en restant sur place.

Question d’habitude.

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Message automatique

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« Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur automatique de la muse. Je suis en vacances bien méritées et je ne vous répondrai que dans une petite dizaine de jours. En gros: débrouillez-vous. »

 

Ah mais non alors !

 

Non, non et non. Ces prochaines heures, Mauricette revoit Caryl, Silvia prend l’avion, Anne rencontre à nouveau Yann et Lody essaie de ne tuer personne pendant son service. Laurence prend du galon… et Cathy apparait.

 

Alors tes vacances, la muse, tu en fais ce que tu veux, mais tu ne me les fais pas subir.

 

Ce soir, muse ou pas, l’histoire est en marche.

Chacun sa méthode…

Moi, j’attends que les mots me prennent et ne me lâchent plus. Oh bien sûr pour ça, il faut écrire un peu chaque jour… et ne pas leur faire croire qu’on les oublie.

 

Ces jours, le retour de la muse fait qu’ils me font fourmiller les doigts… qu’ils râlent que je n’écris pas assez vite pour les suivre.

 

Mais attendez-moi ! Attendez-moi… ne fuyez pas. Je vous attrape au vol, je vous présenterai au papier, vous allez très bien vous entendre.

Comment ça, je joue les marieuses ?! Et alors, c’est mal ?

 

Ce 2ème roman brûle ma tête. Encore plus que le 1er. Bien plus que le 1er.

 

Le premier se faisait essai, test de mes limites personnelles. Je ne les ai pas trouvées. Cette fois les mots vont plus loin. Ils cherchent le frisson, ils agacent l’épiderme et vont jusqu’à modifier le rythme cardiaque. Même le mien. Hé oh, les mots, on est chez moi ici ! Faudrait pas abuser !

 

Et toi, la muse, là… Tu ne pourrais pas une fois m’inspirer un texte calme, posé, sans excitation d’esprit ni vagabondage de coeur ? Non ?

Comment ?

Tu dis que cela ne me ressemble pas et que je devrais m’écouter ?

Ah. Voilà autre chose. Qu’est-ce que c’est irritant quand tu as raison..

 

Les pages se noircissent, l’histoire est en route. Elle court en espérant sa fin… quelle drôle d’idée.

 

Un jour elle arrivera à vous.